Les poètes

Pour notre groupe de poètes, ce recueil s’est présenté comme une nécessité, dès le printemps 2011. Voici 19 ans que j’habite au Japon, 8 ans que j’anime le cercle de poètes “Seegan kukaï”. Nous nous réunissons à Nagano et à Nagareyama (entre 200 et 250 km de la centrale de Fukushima Daiichi). Or, Nagareyama (banlieue nord de Tokyo), bien qu’assez éloignée, fait partie des “points chauds de radioactivité”, avec des niveaux comparables à Fukushima-city. Par exemple, la radioactivité au sol, dans le jardin japonais où nous nous réunissons, est de 2,6 microsieverts/heure – 20 fois la limite internationale. Il devient impossible d’écrire des haïkus sur les fleurs, sur les arbres, sur la pluie “comme si de rien était”… car tout autour nous est durablement empoisonné. Nous avons pris le parti d’essayer d’intégrer cette réalité lourde mais invisible dans notre écriture. Bien que les radionucléides artificiels soient la chose la plus inhumaine et la plus opposée qui soit à l’esthétique du haïku.
Les droits d’auteur de ce recueil seront reversés intégralement, sous forme de riz non-contaminé, à l’Association pour la protection de la vie et de l’environnement face à l’accident nucléaire (président : M. Takao ODOME, à Minami Soma – 20 km de la centrale de Fukushima Daiichi, cf.  ).